L’arithmétique la plus difficile à maîtriser est celle qui nous permet de compter les bienfaits dont nous bénéficions. – Eric Hoffer

Nous autres êtres humains sommes des créatures d’habitudes. Nous nous habituons rapidement aux choses dans nos vies, et bien que l’habitude puisse être un trait de caractère utile, elle nous rend parfois sourds à nos bienfaits quotidiens. De temps en temps, il peut être extraordinairement puissant de regarder nos vies depuis l’extérieur, et d’examiner chaque facette de ce que nous tenons d’habitude pour acquis. La nourriture dans le réfrigérateur, le sens de la perception qui nous permet de lire ce message, les petits luxes qui nous entourent, et les capacités ordinaires auxquelles on ne pense pas, mais auxquelles chacun a droit. Prenez un moment aujourd’hui pour réfléchir aux choses que vous considérez comme acquises. Ecrivez-les dans votre journal, faites une liste ou un poème, ou partagez-les avec un ami dans la conversation. Lorsque vous commencez à vraiment examiner votre vie, vous commencez à réaliser que rien n’est vraiment ordinaire ; et que rien ne peut être tenu pour acquis. Tout est un cadeau. Si vous connaissez l’anglais, vous pouvez lire « Shelag was here« , un article à propos d’une femme qui ne prenait ni les gens ni les choses pour acquis dans sa vie quotidienne magique.

Je recommande vraiment de lire cet article qui nous montre le chemin de la gentillesse comme passion !

Et voici d’ailleurs le début de la traduction de ce long article.

Shelag

Le Star a fait une couverture sans précédent pour les funérailles de Shelagh Gordon qui avait 55 ans – en interviewant plus de 100 personnes de son entourage – afin de montrer comment une vie tout à fait modeste peut avoir un impact immense.

J’ai rencontré Shelagh Gordon à ses funérailles.

Elle était fraîche, belle, pleine de vitalité, sans prétention, spontanément amusante. Je pouvais voir son esprit transparaître dans le funérarium et se répandre en rires.

Elle était à la fois seule et débordée d’amour. Dans d’autres domaines, on l’aurait considérée comme une célibataire – ni mari ni enfants – mais sa maison était pleine de chiens, de sœurs, de neveux et nièce et de son « partenaire dans la vie » – un homosexuel – qui passait les nuits d’été à lire au lit à côté d’elle, avec ses lunettes de vue.

Ses relations étaient aussi riches que les gâteaux au chocolat qu’elle faisait au batteur.

Elle courrait dans les ravins, les aéroports et les verres de vin (qu’elle cassait). Elle inondait le monde et Facebook de messages et de textos, pleins de fautes, dans sa hâte à se connecter.

Ensuite tous les après-midi, elle se plongeait dans un bain où elle mangeait des oranges et des carottes et parcourait un

Elle se nommait elle-même une « hippie », au début c’était par réalisme, et ensuite c’est devenu une fierté.

Mais mon impression la plus aiguë sur Shelagh, l’autre jour, tandis que des personnes endeuillées se pressaient autour de moi, était sa gentillesse à couper le souffle. Shelagh était une éternelle amoureuse réfléchie.

Si elle remarquait des trous dans vos chaussures, elle vous en donnait des nouvelles. Quand vous admiriez sa cafetière, vous vous réveilliez avec la même. Pour la Saint Valentin, vous trouviez un sac de chocolat sur la poignée de votre porte, avec des passages de journaux qu’elle pensait vous intéresser.

Shelagh faisait en sorte que les gens autour d’elle ne se sentent pas seulement aimés, mais convoités. C’était le fil d’or qui reliait les coutures ordinaires de sa vie.

Assise au quatrième rang à ses funérailles, je pouvais me voir en elle. Elle vivait une vie sans prétention, comme la plupart d’entre nous, loin de la guerre, des épidémies et de la pauvreté. Ses combats étaient intimes. Mais le monde qu’elle assemblait avec soin était riche et plein de sens même si elle ne s’en rendait pas compte.

Alors que sa famille et ses amis parlaient d’elle, mes pensées revenaient à ma propre vie. Est-ce que j’aime aussi profondément que Shelagh ? Est-ce que j’exulte comme elle dans les petits plaisirs de la vie ? Comment est-ce que je veux qu’on se rappelle de moi ?

Les funérailles sont autant des méditations collectives que des adieux larmoyants à une personne. Nous utilisons la vie disparue comme une loupe pour faire le point sur la nôtre. Celle de Shelagh Gordon est le point de comparaison parfait, celle d’une femme prétendument ordinaire dont la vie avait en fait une portée immense et aussi aussi valable à examiner que celle d’une célébrité. Shelagh c’est vous. Shelagh c’est nous.

C’est étrange de rencontrer quelqu’un quatre jours trop tard.

L’avis de décès de Shelagh est paru le 14 Février 2012, le jour de la Saint Valentin. C’était le 19ème sur 56 dans le Star ce jour-là, au milieu de trois pages consacrées aux parents survivants, aux diagnostics de cancer, et à la logistique funéraire. La famille de Lloyd David Smith demandait « qu’à la place de fleurs, faites un acte de gentillesse en souvenir de Lloyd. ». George Everest Munro, un vétéran de la seconde guerre mondiale qui était mort à 88 ans, adhérait au dicton de Roald Dahl : « Un peu de folie ici et là est apprécié par l’homme le plus sage. » Ronald Schewata a vécu 26 ans sans prononcer un seul mot parce que « Il ne savait même pas comment aimer. » Les vies de ces hommes renfermaient de précieuses leçons.

Mais l’annonce de la mort de la Shelagh de 55 ans m’a attirée. Elle commençait ainsi : « Notre monde est devenu plus petit aujourd’hui sans notre Shelagh, notre roc, notre faiseuse de bonnes actions, notre garante des traditions, notre boussole morale ». Elle disait qu’elle était la mère aimante et la tante d’une liste de noms sans les différencier. Et elle mentionnait qu’elle était une « amie spéciale » pour deux personnes – un homme et une femme. Intriguée, j’ai appelé sa sœur Heather Cullimore en lui demandant si elle accepterait que le Star vienne à ses funérailles et pose des questions sur sa vie aux personnes rassemblées autour de sa dépouille.

[à suivre…]

Reprendre le défi à J1
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